Il doit vraiment y avoir un truc qui ne marche pas.
Parce que j'ai l'impression qu'avec
[là, il est assis par terre et appuie sur le bouton pour ouvrir, refermer, ouvrir, refermer, ouvrir, refermer le tiroir cd-rom.]
mon fils, je suis comme une mère pénible et infernale avec son ado.
J'ai l'impression qu'on se marche sur les pieds tout le temps.
Lui va à la cuisine, ouvre la poubelle, se sert (l'ado, ce serait le frigo, je suppose), moi: non, pas la poubelle, pas propre.
Moi, je veux lui couper les griffes, lui brosser les dents, le langer, un truc comme ça, nécessaire plus ou moins souvent, lui: putain, tu me fais chier, nan, j'veux pas! j'ai dit: N-O-N!! (Il ne parle pas encore, mais son langage est très clair.)
[Je reprends ce message au vol, maintenant il dort dans notre lit et moi, je suis juste la personne la plus triste de la planète ce soir et rien, mais vraiment rien ne me fait sourire. Parce qu'il ne s'agit pas d'un petit couac de temps en temps, il s'agit de plein de couacs tous les jours, de situations qui débordent sans cesse, et ce n'est pas normal, et je ne peux pas me contenter d'être rassurée sur mes qualités de mère, ce n'est tout simplement plus crédible.]
Jusqu'où ira-t-il? Mais que veut-il me dire? Je commence à avoir peur. Je me sens si perdue, mais ce qui me fend le cœur, c'est de le voir si perdu, lui! Tout à l'heure, je faisais la vaisselle, il arrive et vient voir la poubelle, qui est située juste derrière moi. Comme d'hab', je lui dis non et je lui ouvre un tiroir de la cuisine avec plein d'ustensiles.
Est-ce que je dis trop "non", pas assez "non", pas bien "non"??? Moi, ça me pose pas problème EN SOI, si mon fils joue avec un couteau. Tout dépend de comment il se sert du couteau.
Bon, là, ce n'est pas un couteau qu'il prend, mais une presse à agrumes en plastique (je vais dans les détails, mais pour moi, c'est important, je veux savoir si je suis dingue ou pas), mais un plastique fragile, c'est pas une presse récente. Il joue avec, puis il se met à la frapper avec force contre le carrelage. Je lui dis: moins fort, je ne veux pas que tu casses le plastique. Comme il ne frappe pas moins fort, je finis par lui retirer la presse, sachant bien que ça le mettra en colère.
Pourquoi est-ce que chez les autres mamans, ça ne dégénère pas? Quand la maman dit non, l'enfant passe à autre chose, ne pleure même pas.
Lui s'est mis dans une rage sans fin et il a fait ce qui me fait le plus peur ces derniers temps: il s'est mis à plat ventre sur le carrelage et a frappé son front plusieurs fois contre le sol dur et froid, les pleurs redoublent, le visage est tout rouge, il prend un objet (en l'occurrence un entonnoir en plastique) et se frappe avec.
J'ai fait mon possible. Mon possible pour l'empêcher de se blesser. Mon possible pour le calmer. On était assis sur le sol de la cuisine, il se débattait en hurlant. Je tremblais, les larmes me montaient aux yeux, je me disais: Et si un jour, mon fils se suicide? Je ne m'en remettrais jamais. J'ai pensé à ma sœur, qui un jour a tenté de se tuer, au pourquoi qui divise aujourd'hui la famille, à la peine de mes parents, à leur sentiment d'être perdus. Je me disais: non! non! non!
Qu'est-ce qui a foiré? Qu'est-ce qui foire tous les jours? Où est-ce que je me goure?
Il ne se laisse plus approcher. Quand j'arrive, il fuit. Quand il est dans mes bras, il me frappe, il me mord, il me pince, encore et toujours, toujours plus fort.
Pour la première fois aujourd'hui, j'ai eu très peur de l'avenir. De ce que mon fils deviendra. De si oui ou non, il voudra vivre. Ça me renvoie toujours à moi: est-ce que je le laisse vivre? (Parfois je crois que oui, beaucoup, parfois je crois que non, pas assez.) Est-ce j'empoisonne sa vie?
La nuit, l'un contre l'autre dans notre lit, tout est tellement plus pacifié.
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Marie, il me semble qu'il y a ce que fait ton enfant et l'interprétation que tu en as. Peut-être mets tu plus de sens qu'il n'en faille sur ce que fait ton fils ? L'opposition et les colères font parti du développement de l'enfant, elles lui sont nécessaires. Peut-être es-tu fatiguée ce qui fait que tu prends les choses avec beaucoup d'affect, car je ne crois pas que ton fils ait des intentions autres que de se rouler parterre et trépigner pour te signifier sa frustration. Marie tu es une bonne mère, ne te fustiges pas de la sorte, ton fils passe par une forte période d'opposition, il est très en colère et il a besoin de te le montrer. Ta réaction dans ces moments de débordement est bonne car tu fais en sorte qu'il ne se blesse pas, tu protèges ton enfant contre ses propres foudres et c'est très dur. Courage ! (J'espère ne pas avoir un ton de donneuse de leçons car ce n'est pas mon intention)
RépondreSupprimerMarie ...
RépondreSupprimeret bien ! Il me semble que Martin fait ce que font beaucoup de jeunes enfants ! il s'affirme ! C'est normal qu'il ne soit pas content, mais c'est pour son bien que tu fais ça, pour votre bien...
Il est important de donner des limites à nos enfants, ils se forgent avec celles-ci.
Je suis certaine que tu es une bonne mère, d'ailleurs le fait de te poser autant de questions le confirme !
Ton mari est il là en ce moment ?
je vous embrasse
Marie, je voulais aussi ajouter que tout ne vient pas de toi car sinon ça serai nier l'individualité de ton fils, car n'est pas ton pur produit, il a aussi sa propre alchimie ! L'enfant à sa volonté qui parfois peut aller à l'encontre de ses parents. Mais je comprends tout fait tes questionnements et remises en question, car quand ça ne va pas avec son enfant on en prend l'entière responsabilité, parce qu'on est Mères.
RépondreSupprimer"Pourquoi est-ce que chez les autres mamans, ça ne dégénère pas? Quand la maman dit non, l'enfant passe à autre chose, ne pleure même pas."
RépondreSupprimerJe dois faire partie de la même équipe. La mauvaise équipe?
Je traverse les mêmes questionnements.
Je dois dire NON cent fois par jour et je déteste ça.
Pas de recette miracle, une grosse fatigue qui s'accumule et l'impression d'être totalement à côté.
Les jours où je suis plus zen, j'anticipe et je propose avant la crise. Les jours où je ne le suis pas, je crie aussi, et c'est l'escalade. Pourtant, je ne crie jamais sur personne. Pourquoi sur elle?
J'aime qu'elle s'endorme dans mes bras, juste pour me dire que je peux aussi lui donner un peu de chaleur.
Mais ce n'est pas sa réaction de frustration qui me perturbe. C'est le degré de celle-ci. C'est le fait qu'il se mutile.
RépondreSupprimerÇa, ça ne me semble pas normal. Enfin, je ne sais pas. Je suis prudente quand il s'agit de ce sujet. Parce que quelque part je crois qu'on a le droit de faire ça, de disposer de son corps, aussi dans ce sens-là. Et en même temps, j'aimerais qu'il ne se fasse pas mal. C'est déchirant de voir ton enfant se faire mal volontairement. C'est de ça que je voulais parler.
Puis, je me pose la question: est-ce que c'est la bonne réponse de lui dire "non, ne te fais pas mal, non, ne me fais pas mal". Plusieurs fois déjà, je me suis dit: mais peut-être qu'il a un grand besoin de mordre. Peut-être que je ne devrais pas m'acharner sur ce comportement.
Puis d'autres me disent: Foutaises, mordre, ce n'est pas normal, tu dois régler ce problème à tout prix!
Tu comprends, c'est là que ce situe pour moi le problème.
Et puis "phase d'opposition" ... je ne sais pas trop ... on est toujours en opposition. Il l'était sûrement déjà avant. Mais maintenant, les moyens pour exprimer son non sont radicaux.
Oui Marie je comprends tes interrogations, d'autant que les crises de Martin sont particulièrement violentes ! Je n'essaye pas non plus de minimiser ce que vous vivez, car j'imagine sans mal à quel point cela doit être difficile d'être confrontée à la violence que s'impose son bébé. J'ai connu un petit garçon hyper violent avec lui-même qui s'infligeait une réelle torture physique à la moindre contrariété à tel point que ses parents étaient complètement perdus et ne savaient pas quelle attitude choisir : la compréhension ou la violence. Ils ont d'ailleurs fait la choix d'une thérapie familiale qui a porté ses fruits au bout de plusieurs mois, mais encore faut-il tomber sur les bons interlocuteurs. Hélas je ne peux que t'apporter mon soutien car je ne connais pas de mots magiques qui puissent dénoués cette situation.
RépondreSupprimerEst-ce que cela se produit quand le Papa est là .