mercredi 29 décembre 2010

Comment veux-tu être? Avec ou sans couche?

L'hygiène naturelle infantile, ce n'est pas une méthode pour éduquer son enfant à la propreté. Ce n'est même pas une pratique. Le mot pratique est bien trop faible. Il ne suffit pas de dire: je propose à mon enfant de faire pipi/caca. Ou: j'observe son comportement, ses mimiques pour anticiper pipi/caca. Tout ça, c'est la partie visible de l'iceberg. Oui, les adultes qui choisissent l'HNI proposent et observent. Mais ce n'est pas l'essentiel. J'ai cru pendant de longs mois que ça consistait en cela, mais c'était faux.

Pendant que nous expliquions en long et en large les avantages des couches lavables et leur fonctionnement, un jeune monsieur qui n'était pas papa mais qui voulait parler d'hygiène naturelle, a dit:

Quand le bébé fait pipi/caca, il faut remercier Dieu de nous avoir donné un enfant en bonne santé. Il faut le changer avec amour, en prenant son temps, pour lui témoigner notre gratitude.

Quand ton bébé fait pipi sur toi ou par terre ou mouille ses vêtements, ce n'est pas un accident. C'est qu'il a voulu éliminer ainsi plutôt que dans le pot au-dessus duquel tu l'as tenu. C'est qu'il voulait s'isoler.

Ce jeune monsieur qui n'était pas papa mais qui voulait tellement l'être. Il me révélait un trésor. Moi, je n'avais rien à lui apprendre.

L'hygiène naturelle, ce n'est pas une pratique. C'est un geste d'amour. C'est laisser l'enfant libre d'éliminer comme il l'entend. J'avoue, parfois je n'ai pas assez d'énergie pour donner cet amour-là. Alors je dis au petit loulou: Mon loulou, cette nuit, ça me saoule de te laisser nu, je te mets une couche. Puis, d'autres nuits, je sens son désir immense d'être les fesses à l'air toutes la nuit, sans couverture dessus. Alors je prépare les alèses, la couverture polaire, les langes en tissu. Non, mon enfant n'est pas continent la nuit. Je ne le laisse pas nu en vue de tester ses compétences. Je m'endors en sachant qu'il pissera sur le matelas. Quand il émerge de son sommeil (mais pas moi, non pas si tôt, je t'en prie!), je l'entends pisser. Mais si c'est ce que tu veux, alors c'est bon. Je procède de manière arbitraire: parfois oui, parfois non. Tout en sachant que l'idéal, ce serait oui tout le temps.

Je fais comme je peux. Avec mes limites psychologiques. Il y a un an, je n'aurais jamais envisagé le laisser dormir ainsi. Il y a un an, je me disais: peut-être que je le laisserai sans couches en été, quand il fera chaud. Quelle excuse! En été, je ne l'ai pas fait. Trop angoissée qu'il y ait une goutte d'urine sur mon carrelage.

Je lâche prise. Cet hiver, 40 cm de neige devant ma maison, personne pour m'aider à s'occuper de bébé, je me dis: le moment est venu, je suis prête pour t'aimer un peu plus comme tu me le demandes.

5 commentaires:

  1. C'est beau bravo !
    Je pratique l'HNI tant bien que mal (mais pas la nuit) avec mon grand de 18 mois. Maintenant, la petite soeur de 1 mois est là, je lui propose en la changeant ou pendant la tétée mais n'ai pas encore osé la laisser nue car ce n'est pas un bébé d'été,elle.
    D'après ce que tu dis, je devrais me lancer, non ?

    RépondreSupprimer
  2. Non, je ne dis pas ça. C'est comme tu le sens. Faut bien se sentir avec ça, ne pas se crisper. Faut que ça vienne du cœur plus que de la conscience.

    RépondreSupprimer
  3. Cet article est un régal à lire, ton fils ne pouvait pas mieux rêver comme maman faillible, écouteuse, tendre, laveuse.
    Souvent mon cœur, surtout la nuit, me dit "préserve-toi" alors je l'écoute, je dors au rythme de ma fille.

    RépondreSupprimer
  4. Superbe article !
    Mon fils est né en été du coup je l'ai laissé à l'air libre le plus possible mais l'hiver venu, je suis frileuse, ses fesses sont froides !
    Je vais peut-être essayer avec des culottes et des jambières sur polaire. Il commence à pas mal bouger du coup je le sens moins libre de ses mouvements dans ses lavables.
    Merci pour ce partage !

    RépondreSupprimer