jeudi 24 juin 2010

(...)

Ces derniers temps et surtout aujourd'hui, j'ai le sentiment que la bulle éclate et que dans la parenthèse du titre de mon blog, il n'y a plus rien.

un enfant, là (...) et une mère, très, très loin et complètement paumée, qui ne parvient plus du tout à rejoindre les besoins et les affects de son bébé.

Qui ne parvient pas non plus à rejoindre ses besoins à elle. Et dont les affects débordent et la noient.

Mon bébé change si vite, je ne suis plus. Que faire? Je ne maîtrise plus les gestes que je maîtrisais hier, ou bien ils ne me servent plus ... Je ne me sens plus autant maman et je me sens de nouveau un peu plus avant-maman, quand je ne savais rien de rien des bébés.

Vite, il me faut quelqu'un! Ce soir, ça va, le papa est revenu. Il m'a enfermée devant l'ordinateur et devant un magasine, qui me protègent. De quoi, de qui? De moi-même? De mon bébé, qui joue de l'autre côté et qui essaie d'ouvrir la porte?

4 commentaires:

  1. Pas facile tout ça. Il me semble te comprendre, même si je ne suis pas à ta place. Il me semble aussi que c'est dans l'ordre des choses: un bébé qui change, une relation mère-enfant qui évolue, une maman qui perd parfois ses repères, avant d'en trouver de nouveaux.

    Le plus difficile j'imagine, c'est quand ces repères ont été acquis de dure lutte, et quand on s'y sent bien. On aimerait arrêter le temps, juste un peu, pour respirer dans le cou de notre bébé qui grandit trop vite, et qui ne sera déjà bientôt plus un bébé.

    Mais d'autres repères, intemporels, vont surement prendre petit à petit leur place dans votre relation, et lui donner ce petit côté immuable et rassurant. Une maman, c'est pour la vie :)

    Je suis sûre que ça ira vite mieux !

    Bisous,

    Julie

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  2. Je ne t'ai pas répondu tout de suite, mais j'ai médité ce tu écris, et ça me paraît très juste.

    C'est vraiment ça: on est fière de soi parce qu'on a réussi à établir une relation qui marche avec son bébé, on a l'impression qu'on gère les choses et le lendemain on se rend compte que les recettes d'hier ne valent plus. Il faut recommencer. Vis-à-vis de lui, je ne me sens pas du tout dans une position de supériorité : je me sens souvent l'enfant, celle qui apprend, celle qui essaye de comprendre. En fait, nos positions sont probablement assez similaires: nous cheminons tous les deux.

    Peut-être que se détacher de son enfant, ne pas l'emprisonner commence déjà dans cette perte de repères.

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  3. Justement, je pensais à toi tout à l'heure. J'étais en bord de seine avec Rose, et on était bien toutes les deux. J'avais un petit flacon d'huile de massage dans mon sac, et je l'ai massée sur l'écharpe de portage. Ensuite, on est allées se balader, en mode double-hamac. Je me sentais vraiment en communion avec elle, c'était très agréable.

    En fait, j'avais l'impression que je pouvais répondre à chacun de ses besoins naturellement, que les choses allaient de soi.

    Et je me disais, tout en marchant, que ce n'était pas toujours le cas. Et que même, souvent, et surtout "en public", je ressentais une certaine tension à l'idée de ne pas agir de la façon adéquate avec mon bébé.

    Quand je vois les autres mamans, et en particulier celles qui, comme moi, pratiquent le maternage proximal, j'ai toujours l'impression qu'elles sont toujours avec leur bébé dans l'état de connivence que je décris plus haut. C'est surement une impression, mais j'avais tellement fantasmé le maternage proximal durant ma grossesse, que je me suis sentie décontenancée quand j'ai eu mon bébé dans les bras, et qu'il ne suffisait pas que je le serre contre moi pour qu'il s'apaise. Il a fallu apprendre à le connaître bien sûr, apprendre à connaître les gestes qui l'apaisaient. Bizarrement, c'est un aspect que j'avais occulté quand je rêvais de mon bébé. Et puis, quand j'ai eu compris cela, et quand j'ai eu trouvé les fameux gestes qui vont bien...il a fallu tout recommencer ! Et encore, et toujours, recommencer, s'adapter à ce bébé qui évolue si vite. Comme tu dis, apprendre avec lui, en parallèle. Ne pas l'emprisonner dans un carcan de pratiques calquées sur celles que l'on observe communément, pour, comme tu le dis, ébaucher une esquisse de détachement. Ou plutôt laisser la porte ouverte ;)

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  4. J'aime ces changements, ces tâtonnements, parfois on renonce, on recule, et puis on recommence parce qu'on s'est complètement planté. Sur le moment je me sens à côté de moi, d'elle, de nous, prise dans cet à-côté inconfortable où je suis l'étrangère triste.
    Depuis la naissance de ma fille j'ai renoncer temporairement à toutes pratiques artistiques parce que lorsqu'on a un enfant c'est exactement les mêmes questionnements, les mêmes difficultés à soi, à l'autre.

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