Le portage, c’est mon espace de liberté, mon coin rien qu’à moi. Sans le portage, je serais probablement perdue aujourd’hui, avec mon bébé de huit mois, perdue dans les mille et une recommandations des mille et une personnes qui savent mieux ( ?) que moi : pédiatres, infirmières, puéricultrices, mais aussi et surtout : Laurence Pernoud et autres ouvrages de référence, copines et voisines, cousines, tantines, (belle)-mère, (belle)-sœur, mamans-internautes croisées dans des forums …
Le portage, c’est mon allaitement. Mon allaitement, le vrai cette fois-ci, je ne l’ai pas réussi. J’ai allaité six semaines exclusivement (sein et tire-lait), et puis encore six semaines en mixte. Trop de difficultés, trop de conseils (contradictoires), trop de pression, trop d’attentes, trop de fatigue, peu d’encouragements. Le portage est venu prendre la place que l’allaitement n’a pas eue.
Je porte à la demande. Je ne donne pas le sein, mais je donne le dos. Ou la hanche. Même le ventre (ces derniers mois, je ne portais plus sur le ventre, ça me faisait mal, et puis depuis hier, comme par magie, ça marche de nouveau, quel bonheur).
Je porte depuis que ce petit bébé a été conçu et ça n’a pas cessé.
Ton lit, en journée, c’est moi. Ta poussette, c’est moi. Tes vêtements, ce sont les nôtres : nos écharpes.
Pourquoi ai-je plus d’une écharpe ? Parce que pour moi, pour nous, l’écharpe, ce n’est pas comparable à … un chauffe-biberon, par exemple. L’écharpe n’est pas un outil, c’est un lien. Cordon que je déroule et déploie, puis que j’enroule autour de moi, de toi. C’est tout notre amour qui est dedans. Donc, c’est du vivant. Donc il m’en faut plein, des écharpes : toutes les couleurs.
J’aime l’écharpe aussi pour sa polyvalence : châle ou étole pour se faire belle et protéger ses épaules, couverture pour pique-niquer sur l’herbe ou pour couvrir mon bébé qui dort, jeu, doudou, ce que l’on veut. Une liste de naissance pourrait se limiter à ce seul objet.
Le portage, c’est mon espace de liberté. Je suis la première dans ma famille qui porte son bébé. On me regarde faire, mais on ne dit rien. Personne n’est plus compétent que moi, personne ne peut me dire : « Ton nœud est mal fait. » Tout ce que je sais sur le portage, je l’ai appris par moi-même, en autodidacte. Pas d’atelier. Pas de maîtresse. Quelle satisfaction pour cette jeune maman toujours sur la sellette !
Porter mon enfant m’a permis d’accepter que la réponse à tous les chagrins de ce petit bout qui pleure, c’est moi, une idée qui me faisait très peur. M’a appris à me rendre disponible, rendre disponible mon corps. Et à me sentir forte. Je songe à ce dessin de Nicoz Balboa avec pour slogan : « Moi je fais du lait . .. toi c’est quoi ton super-pouvoir ? » Aujourd’hui, comment être une maman forte, une maman que les autres mamans/non-mamans, le monde médical, l’industrie, la publicité ne fragilisent pas, ne pourchassent pas ?
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Bon portage "long" (comme l'on peut parler d'allaitement long ;)). Tout comme le lait change, au fil de l'allaitement et des mois qui passent, du bébé qui grandit, de ses besoins, le portage lui aussi évolue, s'adapte, se diversifie, et je te souhaite encore de belles découvertes dans ce domaine.
RépondreSupprimerOui, tu dis vrai, il y a aussi de l'évolution dans ce domaine!
RépondreSupprimerbonjour,
RépondreSupprimerton texte m'a énormément émue, j'en ai les larmes aux yeux. Le portage a été pour moi comme pour toi un beau coin de liberté, et de partage aussi avec mon conjoint, nous étions les seuls à partager ça avec notre fille. Ces moments de tendresse, de sécurité. Jusqu'à 8 mois ma fille n'a pas connu son lit pour les siestes, comme toi... Nous ne la portons presque plus aujourd'hui, elle aura 2 ans le mois prochain. Et les portages sont différents d'avant.
Alors je te souhaite de continuer comme ça, de profiter de ces moments qui vous appartiennent, moments magiques d'apaisement, d'amour, de complicité.
Et bravo pour ta détermination et ton obstination !!
Plein d'émotions avec ton témoignage,je m'y retrouve tellement,mon petit garçon aura 2 ans en juin et comme mon dos est d'accord,on poursuit notre route tout enveloppé...
RépondreSupprimerje ne vais pas être très original mais ton texte est plein d'émotion tellement vrai que j'aurai pu l'écrire...
RépondreSupprimeravec mon fils le sentiment d'échec était si fort avant l'investissement de cette écharpe tant décrier...
j'ai entendu des phrase culpabilisante au possible style "tu vas le rendre capricieux a le porter des qu'il pleurs...."
Alors que c'est la seule chose qui le calme et le rend heureux alors pourquoi l'en priver.
a bientot
Tout simplement, bonne continuation dans ce mode de contact avec ton enfant.
RépondreSupprimerLe portage est tellement nécessaire et inhérent à l'espèce humaine...
Ton texte est plus qu'émouvant. Quels mots!
Bonjour. Je cherche à joindre l'auteur de ce beau texte. Quelqu'un(e) peut-il m'aider ?
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