vendredi 28 mai 2010

Ce soir

Ce soir, je n'en peux plus de ne pas en finir, en finir avec cette journée qu'il fallait remplir après ne pas s'être reposée la nuit. Car je suis malade et je n'ai pas arrêté de tousser la nuit passée. (Merci de ne pas m'avoir fait des remarques désagréables, merci d'avoir supporté ma très mauvaise humeur, quand je t'ai reproché, dans ton demi-sommeil, de ne pas m'être allé chercher le thermomètre à la pharmacie.) Puis aujourd'hui, bébé pète la forme. Puis le soir, comme tous les soirs depuis quelques mois, tu ne parviens pas à t'endormir tout seul. Sauf que ce soir, Papa n'est pas là, et c'est lui qui, d'habitude, reste à tes côtés jusqu'à ce que tu t'endormes, te berce, te caresse, chante pour toi. J'essaie tant bien que mal de le remplacer. Rien n'y fait. Je commence à n'en plus pouvoir, à gémir, à grincher, à m'énerver. Ce n'est pas une maman comme ça dont tu as besoin en ce moment, et tu te mets à grincher aussi, me tire les cheveux, le nez.

Finalement, je n'en peux plus. Je te donne ton étiquette préférée. Je m'assoie sur le fauteuil, je t'installe sur mon corps fiévreux, je ferme les yeux, mon corps et mon esprit s'éteignent, je reçois toutes les palpitations de ton cœur, de ton souffle, le tremblement de ta nuque qui pèse lourd dans le creux de mon bras. J'accueille tout, je n'ai plus de force pour rien. Alors, très lentement, terriblement lentement, tu t'apaises. Tu t'apaises. Tu suces encore ton pouce, car tu ne fais que commencer à sombrer dans quelque chose qui j'espère est le sommeil. Moi, je pense avec un peu de rancune à tout ce que je voulais faire ce soir et que je ne ferai pas ... Oh, tant pis ... Laisse tomber ... Doucement, je me redresse. Je te pose avec toute la douceur qui me reste (j'emprunte un peu de celle que tu auras demain) dans ton lit.

Puis, je remballe mes affaires, je coince le thermomètre sous mon aisselle. Puis ici.

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