
J'ai ressorti les pastels de quand j'étais petite (j'ai gardé presque tout mon matériel de dessin) et comme je n'ai plus beaucoup dessiné depuis, j'ai également ressorti ma façon de dessiner, primaire. Je suis bien incapable de traduire les mouvements, les décors, la profondeur.
Ce que j'ai vu, c'est une séquence, car je suis au volant de ma voiture. J'aurais tellement aimé la capter, la retenir et la partager. Idéalement, il faudrait la filmer; dans ma tête, je regarde ce film au ralenti. Arrêt sur trois images: eux deux devant moi; une seconde plus tard à ma gauche (mon dessin); puis je regarde dans l'ange mort, puis je les vois s'éloigner dans mon rétroviseur.
Une maman, grande et costaude, qui porte son garçon à l'école. Son pas n'est ni lourd ni léger, et elle ne court pas. Les proportions des personnages dans mon dessin me semblent correctes. Le fond peut rester blanc, car le temps ne compte pas, elle porte ainsi même sous la drache, sans anorak, sans autre chose. Cheveux dégoulinants ou pas, son visage est radieux, elle sourit et ses yeux pétillent. Je me dis que porter à bras sur un si long trajet doit être fatiguant. Elle semble me répondre qu'elle savoure chaque seconde. Son enfant s'agrippe fermement, mais il a lové sa tête contre celle de sa mère. Je vous jure qu'ils sont dans leur bulle et que rien ne peut les atteindre.
Ne les dérangeons plus, ne semons pas en eux le doute! L'écharpe, le porte-bébé, à quoi bon?
Ce sont ses bras qu'elle veut donner.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire